Depuis plusieurs années maintenant, le patronat et ses serviteurs zélés, rabâchent cette idée : c'est la crise !

Cette crise sert de prétexte à une offensive générale de la bourgeoisie partout dans le monde, qui se focalise sur deux points précis :
- Gagner toujours et encore plus de marchés, ce qui passe notamment par le démantèlement en règle des derniers bastions du secteur public, comme la santé ou encore l'éducation.
- Détruire les droits des travailleurs, chèrement acquis par la lutte et tirer toujours plus de profits de notre force de travail, avec, par exemple, l'Accord National Interprofessionnel voté en janvier dernier.

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DISCOURS DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE SLB

prononcé lors de la conférence "Libération sociale, Libération nationale" à l'occasion de l'Assemblé générale de la PSNSE les 9 et 10 novembre 2013 à Rennes.

Au nom de SLB, nous tenons à remercier chaleureusement les délégués de nos syndicats-frères, qui sont venus en Bretagne à l'occasion de l'Assemblée générale de la PSNSE. Merci à vous tous et toutes, camarades.

Depuis plusieurs années maintenant, le patronat et ses serviteurs zélés, rabâchent cette idée : c'est la crise !

Cette crise sert de prétexte à une offensive générale de la bourgeoisie partout dans le monde, qui se focalise sur deux points précis :
- Gagner toujours et encore plus de marchés, ce qui passe notamment par le démantèlement en règle des derniers bastions du secteur public, comme la santé ou encore l'éducation.
- Détruire les droits des travailleurs, chèrement acquis par la lutte et tirer toujours plus de profits de notre force de travail, avec, par exemple, l'Accord National Interprofessionnel voté en janvier dernier.

A les entendre, les patrons sont les victimes, parce que «leurs salariés» sont trop gourmands, parce que l’État, qui leur offre subventions, réductions de charges patronales, protection policière, etc... leur demande toujours trop.
A les entendre, parce que nous avons d'après eux les mêmes intérêts, il faut que les travailleurs, représentés par les grandes centrales syndicales, s'entendent avec les patrons, dans la concorde sociale, pour avancer main dans la main, en espérant des jours meilleurs.
A les entendre, il faut finalement que les travailleurs supportent le poids de cette crise du capitalisme, leur crise, parce qu'elle est la crise du système économique qu'ils dirigent. Pour eux, il faut que les travailleurs paient.

Cette crise sert également de tremplin aux fascistes. La peste brune tente de se répandre, en brisant tous les liens qui unissent notre classe :
- Ils s'attaquent aux immigrés, au nom de leur identité, parce qu'ils sont d'une autre couleur, d'une autre culture, d'une autre religion.
- Ils s'attaquent aux syndiqués et militants progressistes, au nom de leur liberté d'expression. Nous souhaitons d'ailleurs remercier nos syndicats-frères de la PSNSE qui ont été nombreux, lors de la mort de Clément Méric, à exprimer leur soutien au combat antifasciste, au sein de l’État français.
- Et les fascistes s'attaquent également aux homosexuels, au nom de leur morale et de leur virilité et ils ont su profiter du débat sur le mariage et l'adoption pour tous, pour développer leur discours immonde.
Et partout, ils servent l'intérêt du patronat.
Et partout, ils imposent par la terreur et la haine, aux côtés souvent des dites «forces de l'ordre», la volonté du patronat contre les travailleurs.
Nous savons tous ce que signifierait l'arrivée au pouvoir du fascisme et les délégués de certaines organisations ici présentes, comme LAB, qui s'est fondé, alors que Franco et ses phalanges étaient encore à la tête de l’État espagnol, savent le prix qu'ont du payer les travailleurs durant cette période et ses conséquences toujours d'actualités.

Enfin, vous aurez pu constater à travers les interventions de nos camarades, que la lutte pour l'émancipation des Peuples sous domination est bien d'actualité et nécessaire.

Malgré des nuances entre les États qui nous oppriment, nos situations sont proches et les problèmes rencontrés, souvent similaires. En Bretagne par exemple, notre Peuple voit toujours bafoués ses droits élémentaires par l’État français.
- Notre langue ne voit en aucun cas sa situation s'améliorer et sa place régresse même dans les médias.
- Notre Pays est toujours victime de la séparation antidémocratique décidée par Vichy et la campagne d'acculturation se poursuit grand-train en Loire-Atlantique.
- Notre histoire est toujours niée, déformée et ignorée et les possibilités de réappropriation de son passé par notre peuple, lui sont de fait refusées.
- Notre culture continue d'être folklorisée et sa marchandisation s'accentue encore avec les structures «Produit en Bretagne», comprenez «exploités en Bretagne», ou encore la «Marque Bretagne», créée par la région et qui constitue un dépliant touristique pour les patrons, ventant, je cite, «l'une des mains d’œuvre les moins chères de France» et un «faible taux de conflictualité sociale», c'est à dire des travailleurs corvéables et soumis, le rêve des exploiteurs !
- Mais surtout, nous n'avons aucune instance démocratique existante où nous pourrions décider pour notre pays.

C'est pourquoi, conscient du rôle à jouer et des actions à mener, SLB, dès sa création, a fait partie, des syndicats qui ont fondé ce qui allaient devenir la PSNSE. Car la PSNSE est selon nous, un outil de choix qui répond à notre principe internationaliste.

L'internationalisme...

C'est un mot qui revient souvent dans les discours, mais sans vraiment être développé, sans réelle volonté de passer des paroles aux actes.
SLB ne veux pas seulement invoquer l'internationalisme, nous voulons passer de la théorie à la pratique et faire de ce principe, un acte concret et continue.
Car pour nous, l'internationalisme, est une défense, mais aussi une arme dont les travailleurs, ont su se doter depuis la naissance du mouvement ouvrier, afin de combattre les exploiteurs sans frontières, multinationales ou autres, mais surtout combattre la concurrence entre travailleurs, concurrence qui permet au patronat de déplacer les usines de pays en pays au gré des profits possibles et de mener son chantage partout dans le monde. Il est clair, il est évident que contrairement à ce que propose par exemple le FN, mais aussi de plus en plus de voix dans d'autres organisations, ce n'est pas, la fermeture des frontières, ou encore un patriotisme économique qui pourra empêcher les délocalisations, mais bien un mouvement international des travailleurs.

Pour nous, l'internationalisme, est un outil de lutte contre le nationalisme débile et assassin. Il est un message d'espoir et de solidarité sans faille, entre les travailleurs et travailleuses, mais également entre peuples opprimés. Car malgré nos différences culturelles, linguistiques, économiques nous menons un combat contre les mêmes exploiteurs et ce dans le même but.

Pour finir l'internationalisme est également une arme contre l'impérialisme, le colonialisme et leur lot de guerres et de conquêtes. Impérialisme et colonialisme, qui sont toujours d'actualité, quoi que certains puissent en dire, de la part de l’État français, nous le voyons chaque jour en Afrique, dans les Caraïbes et dans le Pacifique, mais aussi de la part de l’État espagnol et ce même s'il est soit disant devenue «démocratique» en un coup de baguette magique après la mort de Franco, ou bien de l’État italien. Nier la nature impérialiste et colonialisme de ces États, c'est jouer le jeu des nazillons comme les jeunesses nationalistes, toujours enclins à défendre le pauvre et malheureux État français, face au méchant ogre Yankee et aux affreux sionistes, comprenez, juifs...

Nous nous retrouvons donc dans la PSNSE, car elle est un formidable outil internationaliste. Dans cette Plateforme, nous ne parlons pas les mêmes langues, nous n'avons pas la même histoire, pas la même culture, mais à cette tribune ce soir nous parlons la même langue, celle des travailleurs conscients de la lutte à mener, celle des peuples opprimés qui se battent pour leur droit à vivre, décider et travailler chez eux, tout en apportant un soutien sans faille aux travailleurs du monde entier selon ce principe : «Agir local, penser global».

Oui nos peuples sont opprimés, mais pour toutes les organisations membres de la PSNSE, l'oppression, n'a jamais signifié, se signifie pas et ne signifiera jamais, la soumission.

Pour beaucoup, notre combat pour l'autodétermination de notre peuple et pour la libération des travailleurs de Bretagne, peut sembler totalement idéaliste, extraterrestre ou passéiste.
Pourtant, elle se base sur une analyse solide de notre pays et est, aujourd'hui plus encore, pleinement d'actualité.

Depuis plusieurs semaines en effet, la Bretagne a connu la naissance du mouvement dit des «bonnets rouges», en référence à la révolte paysanne de 1675 qui avait eu lieu en Bretagne sous Louis XIV.

Ce mouvement, suscite de nombreux débats et divise actuellement les organisations politiques et syndicales. Comme vous le savez également, la manifestation de Quimper qui a eu lieu samedi dernier a cristallisé ces divisions. Nous souhaitons nous exprimer clairement et définitivement ce soir. SLB est allé manifester à Quimper. Non pas aux côtés des patrons, mais aux côtés de l'immense majorité de cette manifestation, composée de travailleurs et travailleuses, qui pour certains, participaient à la première manifestation de leur vie.

Mais pourquoi être allé là-bas ?
La position que nous y avons défendu, et que nous défendons est la suivante :
Nous sommes engagés, aux côtés des organisations progressistes et des travailleurs et travailleuses, dans la lutte contre les responsables de la situation économique et sociale catastrophique de la Bretagne, à savoir le patronat et l’État français, tout gouvernement confondu. Nous refusons de voir les patrons et les gros paysans, c'est à dire les exploiteurs, jouer les victimes, en utilisant l'argument bidon de l'écotaxe pour justifier les licenciements massifs qui sont en cours à Gad, Doux, Tilly-Sabco, Marine-Harvest, Alcatel Lucent, PSA et la liste est encore longue... Nous refusons également que profitant du rapport de force face au gouvernement, rapport de force obtenu par l'engagement de nombreux travailleurs, ces mêmes exploiteurs obtiennent du gouvernement dit socialiste des cadeaux supplémentaires par l'intermédiaire du pacte en cours de réalisation, cadeaux qui viendraient juste s'ajouter à une longue série, comme nous en avons déjà parlé.

MEDEF, FNSEA, Produit en Bretagne et autres, ont beau jeu de porter le bonnet rouge, de jouer les frondeurs et les amis des travailleurs alors que leur puissance et leur richesse sont basées sur l'exploitation de la force de travaille des hommes et des femmes qu'ils pressent comme des citrons chaque jours et qu'ils jettent ensuite quand ils n'en ont plus l'utilité. Nos bons seigneurs, après avoir attaqués portiques écotaxe et préfectures, auront vite fait de retourner au complet veston, une fois leurs revendications satisfaites et recommenceront à se scandaliser pour le moindre travailleur qui jettera un caillou sur un flic.

Face à eux, en plus de la lutte quotidienne que nous menons à travers notre action syndicale, c'est pour la libération sociale des travailleurs de Bretagne que nous devons nous battre.

Ces mêmes exploiteurs, en appellent à la survie de la Bretagne et se retrouvent tout à coup à demander des évolutions institutionnelles pour pouvoir décider en Bretagne. Cette revendication, certains l'avaient déjà exprimé depuis quelques temps dans les secteurs proches de produit en Bretagne, comme par exemple, Monsieur Glon, ex PDG d'un société d'agroalimentaire au bénéfices se chiffrant en millions, qui se prononçait cet été pour la fin du SMIC et une adaptation au niveau de vie de chaque région. Comme s'il ignorait que le salaire annuel des travailleurs de Bretagne est déjà inférieur de 2000 euros à la moyenne de l’État français...

Glon en appelle à la Bretagne, mais comme les gens de sa classe, en nous ressortant la vieille carte du patriotisme économique. En réalité, lorsque l'on écoute mieux, il revendique finalement que cette négociation du salaire ne se fasse pas région par région, mais bien secteur par secteur, entreprise par entreprise, voir au cas par cas. Ces gens ne se battent pas pour la liberté des bretons, mais pour qu'ils soient libre, de se faire exploiter !

2013  empsnse5Notre combat, pour l'autodétermination du peuple breton, est à l'opposé complet de ces exploiteurs ! Car nous, ce pour quoi nous nous battons, est que les travailleurs et les travailleuses de Bretagne décident par eux-mêmes de leur présent et de leur avenir !
Ce droit à l’autodétermination aurait peut-être pu éviter la situation actuelle en évitant la mise en place d'un système ultra productiviste qui ruine nos terres, nos rivières et nos mers. Dans tous les cas, nous voulons pouvoir décider par nous-mêmes de comment résoudre ces problèmes et par à travers un gouvernement pantin à 300 kilomètres de chez nous !

Le problème de l'écotaxe revient également à ça. Oui, en tant que syndicat écologiste, nous sommes pour le principe de pollueur-payeur. Mais comment l’État français, après avoir accompagné les patrons dans leur destruction des transports et notamment à travers des privatisations toujours en cour comme à la SNCF, comment peut il maintenant venir dire que les poids lourds sont trop utilisés? Nous devons utiliser le ferroutage ? D'accord, mais comment faire dans l’État actuel du réseau ferré? Grâce à la LGV peut-être ? Qui placera les bourgeois parisiens à 1h30 de leurs maisons secondaires au lieu de 2? Nous pourrions utiliser le cabotage ? D'accord, mais comment faire, vu l'état actuel de nos ports, de plus en plus noyés de voiliers et non plus de bateau de transports ?

De plus, l'écotaxe actuellement ne signifierait qu'une chose, l'écrasement des prix d'achat aux petits fournisseurs et aux petits paysans, par les grosses entreprises, notamment de la grande distribution, qui ne céderont jamais un centime des millions d'euros de bénéfices réalisés chaque année...
Alors non, nous sommes contre l'écotaxe dans la situation actuelle de notre Pays !
C'est en défendant ces positions que nous sommes allés à Quimper.

Nous avons pris acte de critiques émises par les syndicats qui sont allés défilés, entre convaincus à Carhaix. Selon nous, il s'agit d'une grave erreur, car c'est abandonner les travailleurs à la propagande patronale, plus seulement dans les médias et dans l'entreprise mais aussi dans la rue... Nous, nous avons décidés de mener la lutte là-bas et de tenter de faire contre poids. Et nous n'avons pas été les seuls.

Nous prenons également notes des réactions insultantes de différentes organisations, comme par exemple EELV, qui il est vrai, est un ennemi connu du patronat...
Nous avons aussi entendus les propos immondes et humiliant de Mélenchon, nous insultant d'être des esclaves. Nous lui répondons ceci : nous n'avons aucun conseil paternaliste à recevoir d'un homme dont la mesure la plus révolutionnaire est de créer une sixième république fantoche ne remettant même pas en cause le système capitaliste et qui s'est félicité l'année passée de la vente de 126 avions de chasse par Dassault et nous n'avons pas besoin des conseils d'un homme plus habitué aux moquettes de la république qu'au béton des chantiers ou du carrelage des usines agro alimentaires.

Face à cela, ce que nous proposons nous, c'est la formation d'un front de classe, qui agira au sein de ce mouvement pour convaincre les travailleurs et leur donner les moyens de prendre la direction de la lutte et d'amener des revendications en leur faveur et notamment en formant des comités dans chaque ville de Bretagne.

Parce que se couper de ce mouvement serait une grave erreur, camarades, à nous de rendre ces bonnets réellement rouges !

Vive la lutte internationale des travailleurs et des peuples opprimés.

Produet'vez ganeomp ! Divizet'vez ganeomp !

C'est nous qui produisons ! C'est nous qui décidons !


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