2014 vitormarinoEn janvier 2014, le Plan de Sauvegarde de l'Emploi, entendez plan de licenciement massif, se terminait à l'usine PSA Peugeot-Citroën de la Janais, près de Rennes. 1400 départs « volontaires » effectués, la direction exprime un « soulagement de la part de salariés ». Chantages à l'emploi, menaces de fermeture, propagande quotidienne menée par la direction autour d'une situation économique désastreuse de l'entreprise (en 2013, PSA a réalisé 54 milliard d'euros de chiffre d'affaire...), telle est l'ambiance dans laquelle sont noyés chaque jour les travailleurs du groupe.

Des luttes se développent, au sein de ce site, comme de plusieurs autres, notamment l'usine PSA Peugeot-Citroën d'Aulnay-sous-Bois, près de Paris. Mais la mollesse des directions des organisations syndicales présentes (CGT, CFDT, CGC, etc...) et la pression constante du patronat, limitent les actions à des débrayages ponctuels et quelques manifestations. Et ce problème n'est pas limité aux sites situés dans l'Etat français.

PSA Peugeot-Citroën, est une multinationale qui dispose d'usines de production et d'assemblage sur tous les continents (à l'exception de l'Amérique du nord) et notamment en Galice (Peuple sous domination au nord-ouest de l'Etat espagnol), à Vigo.

La CUT, syndicat galicien de classe et luttant pour l'autodétermination de son peuple, a récemment réorganisé une Section syndicale dans l'usine et a mené une interview de son responsable. Interview que SLB reproduit ici.

Interview de Vítor Mariño, responsable de CUT-Citroën

Vítor Mariño est le responsable de la Section syndicale de la CUT au sein de l'usine Citroën de Vigo en Galice.

Dans l’interview que nous vous présentons ci-dessous, il expose son point de vue à propos de la situation du travail dans la plus grande usine de Galice et du groupe PSA, l’endormissement des travailleurs ainsi que les objectifs de la section syndicale de la CUT à moyen terme.

Comment décrirais-tu la situation de travail dans l’entreprise ?

La situation actuelle des travailleurs et travailleuses de Citroën est un état complet de décadence, je dirais même qu’ils sont dans un coma irréversible. Nous sommes plongés dans un état de sommeil profond total et absolu du côté de la classe travailleuse, induit par l’endoctrinement de l’entreprise qui est aidée par ses complices, qui ne manquent jamais.

La situation sociale et du travail dont nous souffrons actuellement réduit la capacité d'organisation de classe que nous devrions avoir dans ce centre de travail.

La presse, la télévision, la radio ainsi que l'entreprise, comme je l'ai déjà dit, poussent à ce que nous, travailleurs et travailleuses, soyons heureux tout simplement par le fait d’avoir un travail, même en renonçant à nos droits historiques. Ils évitent toute alternative possible ou bien ils les combattent.

Depuis quand cette situation existe-t-elle ?

Ce mal plonge ses racines avant la crise. Celle-ci n’a fait qu’augmenter encore plus son état de léthargie. Les droits essentiels comme se syndiquer librement, le réel conseil juridique, le pouvoir de nous organiser comme travailleurs et travailleuses, le droit de grève, il apparaît que ceux-ci, dans les faits, sont des droits qui sont restés dans l’oubli et qui sont poursuivis par les pouvoirs publics. Il y a assez de cas, comme celui des deux travailleurs condamnés à la prison pour avoir participé à un piquet informatif. La dernière réforme du travail nous a frappé violemment et elle a blessé à mort la classe ouvrière. Blessure importante dans tous les secteurs, mais plus spécialement dans le secteur de l’automobile dûe à l’importance que ce secteur a dans notre pays.

2014 vitormarinoOn dirait une course pour voir qui arrive à se faire diminuer le plus possible son salaire, qui renonce à tous ses droits pour rester compétitifs. Le discours de la direction pénètre dans la classe laborieuse. Ma question c’est, jusqu’où les travailleurs sont prêts à descendre la barre ? Il existe différentes grilles salariales entre travailleurs qui réalisent les mêmes tâches, des catégories de début de carrière avec des salaires plus bas et moins de droits, l'augmentation de la durée quotidienne de travail, et un long etc.

C'est le célèbre Toyotisme dont on parle tellement au sein de notre centre de travail et qui ne bénéficie qu’à la direction. Il faut se mettre en concurrence non seulement avec les autres marques automobiles, mais aussi au sein de la même marque et des usines du même groupe, entre travailleurs et travailleuses, qui entrent en compétition entre eux, de façon à ce qu’ils ne soient pas capables de s’organiser. La direction a réussi à établir ses objectifs et sa façon de travailler. Par contre les syndicat présents dans le comité d'entreprise n’ont pas réussi à trouver une solution, je ne sais pas si c'est à cause de l’ignorance, de l'abandon, ou par complicité avec les intérêts de l’entreprise.

Devant cette situation, qu’est-ce que la section syndicale de la CUT peut faire au sein de Citroën ?

C’est grâce à l’organisation de classe que les travailleurs et travailleuses serons capables de stopper cette hémorragie. C’est pour ça que la section syndicale de la CUT naît à Citroën. Elle est une alternative réelle au syndicalisme qui est pratiqué actuellement au sein de ce centre de travail par les autres syndicats présents dans le Comité (UGT, CIG, CCOO, SIT-FSI). Nous apparaissons sans hypothèques, sans prêts, sans casserole… Nous sommes une section syndicale qui est alimentée seulement par les cotisations des nos adhérents, ainsi que par notre centrale syndicale. Nous ne comptons pas sur les subventions quelles qu'elles soient et cela nous permet d'avoir une indépendance syndicale totale.

Les adhérents collaborent avec solidarité dans les projets mis en place. En fait nous avons mis en commun plusieurs points lors de l’Assemblée Générale des syndiqués et syndiquées qui a eu lieu le dernier week-end. Ces points-ci coïncidaient avec la perspective syndicale des responsables de la CUT de la région ainsi que celle nationale représentée par notre Secrétaire général Manolo Camaño. C'est seulement avec la solidarité de tous et toutes, l'organisation et la capacité de mobiliser que nous seront capables, au moins, de faire face aux injustices actuelles.

De ton point de vue, qu’est-ce que représente le projet de la CUT au sein de Citroën et quels sont les objectifs ?

Nous remarquons la nécessité de travailler dans ce projet comme dans une course de fond. Nous savions déjà qu’il fallait un changement, qu’il fallait revenir à « L’ORIGINE » du syndicalisme dans ce centre de travail. Nous avons un long parcours à faire, mais un délai très court pour nous faire connaître par l’ensemble des travailleurs et travailleuses avant les prochaines élections syndicales dans notre centre de travail, en octobre prochain.

Nous devons réussir à réveiller de leur léthargie les travailleurs et travailleuses de cette usine en leur donnant quelque chose de réel auquel croire, une alternative de classe qui travaille par et pour tous les travailleurs et travailleuses. Lors de notre Assemblée, les tables étaient toutes à la même hauteur, il n’y avait pas de table présidentielle, personne n’était au-dessus les autres. Tous et toutes avions des avis différents mais abondions sur un projet commun : la CUT. Nous déciderons tous et toutes des directions à prendre et serons au service de la classe travailleuse dans ce centre de travail. Ces décisions seront prises dans des Assemblées ouvertes à tous les travailleurs et toutes travailleuses puisqu’ils décideront leur futur. Ainsi à la fin de cette dernière Assemblée, nous avons créé des groupes de travail avec tous les syndiqués et syndiquées pour être capable, ensemble, de donner une alternative réelle et de classe aux travailleurs et travailleuses. Ces derniers ont besoin de reprendre confiance en un syndicat qui défende vraiment leurs intérêts et pas ceux étrangers à la classe laborieuse.

Bien que je sois le porte-parole, ce projet n’a pas qu’un seul nom, sinon celui de tous et toutes ceux qui forment la section syndicale de la CUT. C’est tous et toutes ensemble que nous donnerons de la couleur à ce projet encourageant.

FORZA E ADIANTE !

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