À un moment où des milliers de travailleurs, travailleuses et bénévoles se battent pour faire vivre notre langue et la transmettre aux jeunes générations, et à l'heure où l'essentiel des pouvoirs politiques (conseil régional, municipalités et en premier lieu l'État français) et économiques (patronat et grandes entreprises) n'accompagnent pas voire empêchent la sauvegarde et le développement de la langue bretonne, il semble important pour les travailleurs de Bretagne de rappeler l'exigence d'un statut d'officialité de notre langue sur l'ensemble des 5 départements de Bretagne.

Faire de la langue bretonne une langue officielle pour l'ensemble de la Bretagne ne se résume pas à signer un bout de papier entre élus pour plaire à des lobbies culturels qui ne représentent qu'eux-mêmes. L'officalisation doit avoir de réelles conséquences et applications dans tous les domaines de la société bretonne. Les demandes et les initiatives des travailleurs ne manquent pas :

- dans l'enseignement : une école en langue bretonne au minimum dans chaque canton et une augmentation significative du nombre de postes ; le financement de Diwan par les diverses institutions présentent en Bretagne ; la prise en charge des personnels des écoles en langue bretonne par les mairies comme c'est le cas dans l'enseignement public ; que les mairies et administrations permettent la création de crèches et de centres de loisirs en breton ;
dans les média : une télévision et une radio publique en breton, sur l'ensemble de la Bretagne, et produisant des programmes de qualité pour tous ;
- dans les services publics : que notre langue puisse être vue, entendue, écrite et parlée dans les administrations, les bureaux de poste, les gares, les trains, le métro, les bus, comme partout ailleurs ;
- dans les entreprises : permettre aux travailleurs de se former quand ils le souhaitent pour apprendre leur langue, la promouvoir massivement (signalétiques, campagnes de promotion...), améliorer immédiatement les salaires et les conditions de travail en langue bretonne

Pour que tous ces efforts puissent aboutir, nous exigeons un statut légal pour la langue, déterminé par les Bretons eux-mêmes.

Croire que le développement de notre langue passera par la charte des langues minoritaires, par un vote au parlement français ou par une élection est illusoire. Si les travailleurs bretons n'avaient pas pris leur destin en main - écoles Diwan et bilingues, radios en breton, combats pour la création de diplômes universitaires, journaux, organismes de formation à la langue, barbouillage de panneaux routiers - notre langue serait quasiment morte. Il appartient aux travailleurs de la langue bretonne de refuser tout compromis, notamment sur l'immersion linguistique à Diwan, en vue de rentrer dans le giron de l'éducation nationale, sous le faux prétexte de conditions de travail et d'enseignement meilleures, comme le prouve la multiplication du nombres de vacataires sous-payés, la surchage des classes ou le manque de personnels dans l'enseignement public.

En tant que syndicat luttant pour l'autodétermination du peuple breton, nous constatons que la lutte pour l'amélioration des conditions de travail et pour des moyens conséquents pour l'essor de notre langue, ne saurait aboutir dans le cadre oppresseur de l'Etat français. Un service public de l'éducation en Bretagne, de Nantes à Brest, géré par les travailleurs eux-mêmes est le seul projet de société qui pourra permettre d'assurer le développement et la transmission de la langue dans l'intérêt de tous les Bretons.

Nous appelons ainsi tous les travailleurs de Bretagne à continuer à lutter pour leur langue pour que l'officialisation de la langue bretonne devienne une réalité partout en Bretagne.

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