trakt slb kemper02112013 miniA-ENEP GWASKADUR AL LABOURERIEN E STOURMONP !

Depuis que des travailleurs et travailleuses ont affronté les forces de l'ordre et obtenu le démontage des portiques écotaxe, la presse parisienne diffuse en boucle un mensonge : les pauvres Bretons ne comprendraient rien à rien et seraient manipulés par leurs patrons.

Évidemment, les employeurs de l'agroalimentaire se méfient de la réglementation et de l'impôt. Évidemment, ils sont réticents à abandonner le modèle productiviste qui leur assure tant de profits et qui a mené l'économie bretonne dans le mur.

Car depuis des décennies, l’État français et le patronat d'où qu'il vienne s'acharnent à détruire les moyens de transport les plus utiles et propres en privatisant la SNCF ou les ports, ou en empêchant tout développement de transports alternatifs comme le cabotage.

Mais le combat pour l'emploi et contre l'écotaxe n'est pas celui des patrons. L'écotaxe n'était pas encore en place quand les salariés de Gad, de Doux, de Marine Harvest, de Tilly-Sabco, de PSA ou d'Alcatel ont été licenciés !

LE COMBAT POUR L'EMPLOI,
C'EST CELUI DES TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES

Le combat pour l'emploi, c'est celui des travailleurs et travailleuses, qui sont les premiers à subir les effets de la crise, en premier lieu par les licenciements.

Et les patrons de ces entreprises n'ont pas besoin de prétextes pour licencier les travailleurs ! Ils en ont le pouvoir. Leurs profits, leur puissance, tiennent de l'exploitation continue des travailleurs, qui sont les seuls à produire les richesses, mais aussi des petits paysans et fournisseurs auxquels on achète toujours moins cher leurs productions, afin de grossir les marges.

Une entreprise comme Doux a-t-elle été ruinée par l'écotaxe ? Ou bien en investissant certains de ses profits, tirés des travailleurs, au Brésil par exemple, de manière irresponsable ? La multinationale Marine Harvest n'a-t-elle pas fait plus de 200 millions d’euros de bénéfices en 2013, et ne distribue-t-elle pas des dividendes exceptionnels à ses actionnaires ?

Il est important de rappeler que malgré la crise, les Leclerc, Intermarché et autres entreprises membres de Produit en Bretagne (dont Doux et Gad font partie), savent faire augmenter leurs profits.

Et ne manquons pas non plus de préciser que ces entreprises ne se sont pas plaint de l'ANI, Accord National Interprofessionnel, mis en place par le gouvernement en début d'année avec la complicité criminelle de la CFDT, la CFTC et la CGC. Cet accord détruit le code du travail sur de nombreux points, permettant désormais de licencier massivement en un clin d’œil et de fermer ou délocaliser une entreprise en un claquement de doigts.

Alors ces patrons, nos «bons seigneurs», ont beau jeu de mettre le bonnet rouge et de renverser la balance en s'affichant comme les opprimés et les révoltés. Ils n'ont même pas honte de prétendre agir dans l'intérêt de la Bretagne et des Bretons, alors même qu'ils ne pensent qu'à leur porte-feuille. Voir des représentants du MEDEF porter la couleur rouge, en dehors de leurs belles cravates, pourrait même prêter à sourire, si la réalité n'était pas si grave.

LES RESPONSABLES DES LICENCIEMENTS,
CE SONT LES PATRONS

Les responsables des fermetures d'entreprises et des licenciements, ce sont les patrons. Bien sûr, les élus sont en partie responsables de la situation par leur servilité intéressée envers le patronat, mais c'est ce dernier qui est le principal coupable.

SLB doit se battre pour les travailleurs et les travailleuses de ces entreprises, comme syndicat de lutte et de classe et doit soutenir toutes les initiatives qui vont dans ce sens !

La réalité, c'est que la Bretagne souffre d'une économie quasi-coloniale. Et l’État français a encouragé le développement dans notre pays de cette économie basée sur l'exportation en masse de produits alimentaires à bas prix et sur le tourisme. Cette économie, sur laquelle les travailleurs n'ont aucune emprise, garantit des profits exceptionnels aux patrons et nous a menés à cette situation. Notre terre est saturée de pollution, tandis que les travailleurs et les précaires sont chassés des villes et des côtes envahies de maisons secondaires.

Nous n'avons pas toujours été « périphériques » : si nous le sommes devenus, c'est parce que nous avons laissé Paris devenir notre  « centre ».

Si nous manifestons aujourd'hui à Quimper, c'est pour toutes ces raisons et pour rappeller aux travailleurs et travailleuses de Bretagne notre détermination à lutter pour une Bretagne où les travailleurs pourront enfin décider de leur présent et de leur avenir sans avoir à subir les décisions de leurs patrons et du gouvernement français.

CE QUE NOUS COMBATTONS,
C'EST L'EXPLOITATION DE LA BRETAGNE, DE SA TERRE ET DE SON PEUPLE