Alors que le 15 septembre dernier, les syndiqués SLB et CGT lançaient un appel commun à participer à la manifestation en soutien à l’école Diwan de Louannec et menait une action syndicale unitaire, comme cela arrive régulièrement dans nos luttes, SLB se retrouve aujourd’hui contesté en justice par la même CGT, dans le cadre des élections dans les très petites entreprises, qui se dérouleront du 28 novembre au 12 décembre et à l’occasion desquelles notre syndicat se présente.

Les élections dans les très petites entreprises,
une occasion à ne pas manquer !

Après onze ans d’existence, aujourd’hui SLB se présente à des élections professionnelles de grande ampleur, puisqu’elles concernent 220000 travailleurs et travailleuses en Bretagne administrative. Et cette candidature semble gênante pour la CGT. Car en effet, en 2008,  le code du travail a changé et notamment en ce qui concerne les règles de représentativité des syndicats. Les grandes centrales françaises étaient jusqu’à maintenant considérées comme représentatives de droit, et bénéficiaient d’avantages leur permettant d’être informées, de négocier ou de participer à des élections y compris dans des entreprises et des secteurs ou elles n’avaient aucune présence. Désormais, ces centrales syndicales « toutes-puissantes » doivent prouver cette représentativité pour obtenir ces mêmes avantages. C’est d’ailleurs la raison de ce scrutin dans les TPE : ces élections n’ont pas d’autre but que de mesurer l’audience des syndicats dans l’ensemble des secteurs professionnels des entreprises de moins de 11 salariés.

Ce type d’élection étant les premières pour l’ensemble des organisations, la direction de la CGT ne peut pas se permettre que de nouvelles structures syndicales crédibles apparaissent sur la scène qui leur est réservée et risquer de perdre ce qui peut représenter plusieurs centaines voire milliers de voix. De plus elle connait bien les exemples de ce qui se passe déjà ailleurs comme en Guadeloupe avec notre syndicat-frère UGTG, ou bien en Corse, avec le STC, ou au Pays basque, avec LAB. Ces organisations prouvent chaque jour qu‘en se battant pour l’autodétermination d’un peuple et pour la libération sociale des travailleurs, et en connaissant la réalité socio-économique de nos pays, elles sont les mieux armées dans nos luttes. Elles sont mieux armées car elles ne reposent pas sur une direction centralisée et coupée de la réalité qui prône comme seule méthode de lutte la compromission dans un faux dialogue social avec le gouvernement et le patronat.

SLB fait partie de ces organisations de lutte. Et ces élections seront donc un moyen pour nous, un moyen pour montrer quelle organisation nous sommes et l’ensemble de nos objectifs, et un moyen pour faire progresser la défense des travailleurs et la lutte pour nos intérêts collectifs.

 

Pourquoi nous attaque-t-on ?

Les objectifs de SLB sont clairs et affichés, et trouvent chaque fois plus de soutien et d’adhésion. Notre profession de foi pour ces élections les présente en détail pour les très petites entreprises. Cette profession de foi, texte qui officialise notre participation à ces élections a fait l’objet, lors d’une réunion de la commission électorale en charge du scrutin, d’un vote visant à valider notre candidature et en particulier le respect des valeurs dites républicaines. Quatre organisations syndicales l’ont approuvée. CGT, CFDT et CFTC se sont abstenues en menaçant d’une éventuelle contestation ultérieure.

Et c’est donc la CGT qui a mis ses menaces à exécutions. La procédure de contestation, prévue par le code du travail, est légale et la direction de la CGT utilisera cet argument de légalité pour justifier son attitude. Mais c’est un droit et non une obligation. Il est donc important de regarder quels arguments utilise la CGT, afin de nous invalider.

Démocratie et Autodétermination

On conteste SLB sur plusieurs points concernant nos statuts. On nous reproche pêle-mêle d’être pour la « démocratie et l’autodétermination », pour la « normalisation de l’utilisation du breton et du gallo » tant à l’intérieur, qu’à l’extérieur de notre syndicat, de mener un combat antifasciste et un combat écologiste...

Passée la première question qui nous soit venue, de comprendre comment peut-on nous reprocher d’avoir inscrit dans nos statuts nos objectifs de démocratie, ou encore nos principes écologistes, nous nous sommes attardés sur les autres points cités par la CGT.

La centrale nous reproche d’abord que notre combat pour l’autodétermination soit un combat politique, nous disqualifiant ainsi en tant que syndicat. Cet argument, hypocrite, ne tient pas une seule seconde. Notre nature, de syndicat de lutte de Bretagne, nous pousse à mener des analyses sur la situation sociale et politico-économique de notre pays. Ces analyses, nous permettent ensuite d’agir le plus efficacement possible dans la défense des intérêts collectifs des travailleurs. De plus le combat pour l’autodétermination des peuples a toujours été un principe fondamental du mouvement ouvrier, oublié depuis bien longtemps par la CGT. L’autodétermination fait partie de nos principes, tirés de ces analyses.

Les langues de Bretagne

La CGT nous conteste également sur notre combat pour les langues de Bretagne. Nos statuts précisent que « La normalisation du breton et du gallo, en Bretagne et dans le cadre des activités de l’Union syndicale est un des objectifs de SLB, tout en prenant en compte la diversité linguistique qui existe au sein de la classe laborieuse de Bretagne. ». Ce combat se reflète dans notre fonctionnement, par l’utilisation du bilinguisme breton-français entre autre. Il se reflète aussi par notre lutte pour les intérêts des travailleurs en langue bretonne, dans les secteurs de la formation, de l’éducation, de l’information, etc… Nous défendons ainsi cet outil de travail et d’émancipation que sont les établissements Diwan, dans lesquels nous nous sommes créés. C’est pour cette raison que nous avons participé à la lutte en faveur des travailleurs et de l’école Diwan de Louannec en septembre dernier.

Et la CGT qui déclarait soutenir cette lutte, soutenir un outil de développement de la langue bretonne, qui signait notre appel commun, nous attaque pour ces mêmes raisons, prétextant que la langue de la république française, la seule, l’unique, est le français… et attaquant toute organisation susceptible d’utiliser une langue « minorisée ».

Antifascisme

La CGT, parce qu’elle manque d’arguments, utilise donc contre nous, la jurisprudence d’un procès qui avait vu condamner un syndicat fasciste, le « Front national de la police ». Tout en nous reprochant de mener un combat antifasciste, ils veulent faire croire que nous sommes une organisation raciste ou xénophobe ! Pourtant, et ils le savent, nous plaçons notre lutte syndicale dans la perspective du combat contre toute forme de discrimination, toute forme de division de la classe ouvrière, qu’elles soient racistes, sexistes, homophobes, etc... Oui nous combattons par tous les moyens l’idéologie fasciste ! Et non, nous ne sommes pas racistes. Ce n’est pas SLB qui a expulsé des centaines de travailleurs sans-papiers de la Bourse du travail à Paris le 25 juin 2009, mais bien le service d’ordre de la CGT, armé de battons et bombes de gaz lacrymogène en main, sous prétexte qu’il « ne comprenaient rien » et qu’ils « gênaient le travail du syndicat » !

 

Pour l’unité syndicale à la base !

Par ce communiqué, nous informons les travailleurs et travailleuses de Bretagne sur les raisons de cette attaque judiciaire qui attise la division de la classe ouvrière organisée par les directions de ces syndicats. SLB continuera à défendre, dans l’intérêt de l’ensemble des travailleurs et travailleuses de Bretagne, ses valeurs et objectifs attaqués aujourd’hui, que sont la démocratie, l’autodétermination du peuple breton et sa libération sociale. Nous ne sommes pas et ne serons jamais de ces syndicats qui trahissent tous les jours les intérêts des travailleurs par leur passivité complice, leur « service minimum » syndical, voire leur collaboration active. Et nous continuerons à avancer ces principes et objectifs dans toutes nos luttes aux côtés de ceux et celles de notre classe qui agissent à la base, peu importe leur syndicat.

Pour lutter, vivre et travailler au pays !

 

 

 


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