RET EO DEOMP AOZAÑ AR STOURM EVIT AN TREC'H !

Discours d'ouverture du 4e Congrès de SLB | Prezegenn digeriñ 4re Kendalc'h SLB

prononcé à Carhaix le 25 juin 2013, par Corentin Lemonnier, secrétaire général de SLB
prezegennet e Karaez d'ar 25 a viz Mezheven 2013, gant Corentin Lemonnier, pennsekretour SLB

  

2013 4kendalch

C'est la crise ! Depuis plusieurs années maintenant, le patronat et ses serviteurs zélés, rabachent cette idée. Cette crise sert de prétexte à une offensive générale de la bourgeoisie partout dans le monde, qui se focalise sur deux points précis : Gagner toujours et encore plus de marchés, ce qui passe notamment par le démentèlement en règle des derniers bastions du secteur public, comme la santé ou encore l'éducation. Détruire les droits des travailleurs, chèrements acquis par la lutte et tirer toujours plus de profits de notre force de travail, avec, par exemple, l'Accord National Interprofessionnel voté en janvier.

À les entendre, les patrons sont les victimes, parce que «leurs salariés» sont trop gourmants, parce que l'Etat, qui leur offre subventions, réductions de charges patronales, protection policière, etc... leur demande toujours trop.

À les entendre, parce que nous avons d'après eux les mêmes intérêts, il faut que les travailleurs, représentés par les grandes centrales syndicales, s'entendent avec la patrons, dans la concorde sociale, pour avancer main dans la main, en espérant des jours meilleurs.

À les entendre, il faut finalement que les travailleurs supportent le poids de cette crise du capitalisme, leur crise, parce qu'elle est la crise du système économique qu'ils dirigent, il faut que les travailleurs paient.

 

Cette crise sert également de tremplin aux fascistes, à ces partisans d'une dictature ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins et les plus impérialistes du capital. La peste brune tente de se répandre, en brisant tous les liens qui unissent notre classe. Ils s'attaquent aux immigrés, au nom de leur identité, parce qu'ils sont d'une autre couleur, d'une autre culture, d'une autre religion. Ils s'attaquent aux homosexuels, au nom de leur morale et de leur virilité, profitant du débat sur le mariage et l'adoption pour développer leur discours immonde. Ils s'attaquent aux syndiqués et militants progressistes, au nom de leur liberté d'expression.

Et partout, partout, ils servent l'intérêt du patronat.

Et partout, partout, ils imposent par la terreur et la haine, aux côtés souvent des dites «forces de l'ordre», la volonté de la bourgeoisie contre les travailleurs.

 

Dans le même temps, notre Peuple voit toujours baffoués ses droits élémentaires par l'Etat français.

Notre langue ne voit en aucun ca sa situation s'améliorer et sa place régresse même dans les médias, comme à France 3, faute, nous est-il dit, de moyens.

Notre Pays est toujours victime de la séparation antidémocratique décidée par Vichy et la campagne d'acculturation se poursuit grand-train en Loire-Atlantique.

Notre histoire est toujours niée, déformée et ignorée et les possibilités de réappropriation de son passé par notre peuple, lui sont de fait refusé.

Notre culture continue d'être folklorisée et sa marchandisation s'accentue encore avec les structures «Produit en Bretagne», comprenez «exploités en Bretagne», ou encore la «Marque Bretagne», créée par la région et qui constitue un dépliant touristique pour les patrons, ventant, je cite, «l'une des mains d'oeuvre les moins chères de France» et un «faible taux de conflictualité sociale», c'est à dire des travailleurs corvéables et soumis, le rêve des exploiteurs !

 

Pour faire face, les travailleurs disposent heureusement des grandes centrales syndicales françaises !

- Combattives ? Elles ont en majorité choisi, et ce depuis longtemps, d'abandonner les techniques de lutte qui ont démontré à travers l'histoire du mouvement ouvrier leur efficacité, comme les grèves générales, les blocages économiques, l'action directe.

- Conscientes ? Elles ont démontré depuis longtemps qu'éveiller les consciences des travailleurs et les former à lutter efficacement par eux-mêmes, n'était surtout pas ce qu'elles voulaient et que pour elles, une bonne base était avant tout passive et silencieuse.

- Luttant dans le sens des travailleurs ? Pour ceux qui avaient encore des doutes sur ce point, la négociation systématique avec le patronat et l'Etat français, comme pendant le mouvement des retraites en 2009 a su démontrer à quel point ces centrales préféraient le «dialogue social» à la mise en place d'un rapport de force.

Certaines vont même jusqu'à passer de la coopération à la trahison et la collaboration la plus éhontée en signant, par exemple en début d'année les Accords Wagram ou ANI qui détruisent un nombre incalculable de droits des travailleurs, chèrements acquis.

- Ces centrales ont signé pour que n'importe quel travailleur puisse voir son salaire diminuer, ses heures de travail augmenter, au nom du chantage à l'emploi.

- Ces centrales ont signé pour que tout travailleur puisse être déplacé de son lieu de travail définitivement par le patron sans aucun limite géographique sous peine de licenciement.

Elles ont signé pour une vingtaine d'autres points aussi grave les uns que les autres.

Et les centrales qui n'ont pas signée l'ANI, ne l'ont pas combattu, mais beaucoup se préparent à signer les prochaines attaques sur les retraites prévues pour la rentrée de septembre.

Alors non, décidemment les travailleurs ne doivent pas compter sur ces structures pour faire face !

 

Non ! Ceux sur qui doivent compter les travailleurs, c'est sur eux-mêmes.

Parce qu'à travers l'histoire, c'est le Peuple et le Peuple seul qui en a été le moteur.

Parce que malgré les difficultés et les attaques partout dans le monde, des travailleurs s'organisent dans des structures combattives et font face résoluement.

Parce que même dans des circonstances graves, comme en Grèce, les travailleurs se dressent face au fascisme et à une exploitation qui ne cherche même plus à cacher son visage.

Dans le plus petit acte de résistance et de protestation du quotidien d'un travailleur face à son patron, qui sans lui, ne serait rien !

Dans la résistance des travailleurs à l'exploiteur et à leur propre centrale essayant de calmer la base.

Dans le fait que, lorsque l'ennemi de classe tue, comme pourra vous le raconter notre camarade de l'UGTG, en 1967 à Pointe à Pitre, où une Grève des travailleurs du batîment se transforma en massacre et en «chasse au nègre» et que les travailleurs conscients au lieu d'abandonner se dressèrent et crèerent ce qui deviendrait, l'UGTG.

Dans la résolution des ouvriers qui malgré les coups de matraque, les flashballs, les gazs et la violence de l'Etat capitaliste à travers sa police et son armée, leur résolution à dire «Non ! Nous ne courberons pas l'échine !».

 

Nous le voyons, la libération des travailleurs se fera par les travailleurs eux-mêmes.

Cette lutte doit être menée par toute notre classe. Dans chaque centre de travail, dans la rue et localement. Cette lutte doit être menée également au niveau mondial. Le capitalisme ne connaît pas de limite géographique, l'exploitation n'a pas de frontière. Les travailleurs et travailleuses du monde entier doivent agir ensemble pour le combattre. Toutes leurs organisations doivent agir sous ce monde d'ordre «Agir local, penser global !».

Pour cela, les travailleurs doivent pouvoir compter sur des structures syndicales combattives et efficaces et c'est ce que SLB propose de faire.

Depuis 2001, nous avons su démontrer que le mot d'ordre dont je viens de parler, a fait ses preuves. Nous luttons pour la libération sociale des travailleurs de Bretagne et leur droit à s'autodéterminer en tant que peuple et nous luttons globalement aux côtés de nos syndicats-frères de la PSNSE.

Bien sûr, nous avons connu des périodes difficiles, où notre organisation n'a pas toujours pu mener la lutte autant qu'elle l'aurait dûe. Mais cette période est révolue et c'est à nous tous, de faire en sorte, par notre travail et notre combativité, qu'elle ne revienne jamais.

Notre 4ème Congrès qui s'ouvre ce matin, va baser sa réflexion sur le contexte actuel et également sur notre situation concrète qui a largement évolué depuis ces dernières années.

En 2009 par exemple, nous avons constitué une force de conviction pour la grève générale, avec blocage économique et les grandes centrales ont vu de quoi nous étions capables.

Nos campagnes régulières pour les travailleurs saisonniers ont su montrer que nous pouvions passer dans les centres de travail aider les travailleurs.

Notre campagne durant les élections dans les très petites entreprises en novembre et décembre 2012 et le grand nombre de votes dont nous avons été crédités sont également une avancée. L'attaque de la CGT, qui nous a contesté en justice sous prétexte que nous étions un syndicat politique et qui a perdu, prouve que nous leur faisons peur. Oui, nous sommes un syndicat politique, comme toute structure syndicale.

Notre travail et notre aide auprès de plusieurs travailleurs, notamment ceux isolés dans leur centre de travail, prouve aussi que nous avons avancé.

 

Camarades, à nous de construire une structure de lutte efficace, de conscientisation et de mise en action des travailleurs.

Camarades, à nous d'organiser la lutte dans chaque centre de travail par l'instauration d'un rapport de force face aux exploiteurs.

Camarades, à nous de mener la lutte internationale en Bretagne, pour la libération sociale des travailleurs et l'autodétermination de notre Peuple.

Kamaraded, ret eo deomp aozañ ar stourm evit an trec'h !

Camarades, à nous d'organiser la lutte pour la victoire !

le Secrétaire général
C. Lemonnier

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